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Cnac : en avant la musique !

[Tête-à-tête(s)] le 09 février 2016

Jusqu’au 21 février, la Villette accueille la 27e promotion du Centre National des Arts du Cirque qui vient présenter son spectacle de fin d’études : … Avec vue sur la piste. Rencontre avec Florian Bessin à la bascule coréenne, Lucas Struna au mât indien, Catarina Rosa Dias au mât chinois et Dimitri Rizzello aux sangles.

La musique est l’élément central de ce spectacle de cirque, pourquoi ce choix ?
Florian : Dans notre promotion, on est tous plus ou moins musiciens. Lors de notre première résidence à Cherbourg, on a passé plus de temps à monter cette fanfare que sur nos agrès. Et à nous voir sur l’estrade en train de jouer de la musique, le metteur en scène Alain Reynaud a eu l’idée d’un orchestre un peu chic, dans un hall d’hôtel. De transformer la piste en une grande réception, pour accueill ir tous les spectateurs.
Lucas : Avec une touche un peu burlesque et cartoon : on se retrouve dans un monde un peu loufoque, où le barman va faire un salto arrière au moment de servir les commandes. Un univers décalé comme dans le film Grand Budapest Hotel de Wes Andersen.

D’où vous est venue l’envie de faire un spectacle comique ?
Lucas : Déjà, les deux metteurs en scène sont clowns !
Florian : C’est vrai qu’on n’avait pas forcément l’habitude d’être dans ce registre - du moins sur scène.
Catarina : Oui, parce qu’entre nous c’est différent. Ça fait 3 ou 4 ans qu’on est tous ensemble, donc on se connait bien.
Florian : Mais quand on a commencé à travailler avec Alain Reynaud et Heinzi Lorenzen, les deux premières semaines ont été consacrées à l’exercice de clown.
Lucas : C’était sans penser à la création, ou en termes de discipline de cirque. C’était surtout pour débrider un peu les personnalités, casser les égos, voir un peu qui on était.
Florian : Bizarrement le clown, c’est pas un personnage, ça vient de nous-même. Du coup, c’était pour eux une bonne manière de nous découvrir.
Lucas : Et pour nous de relâcher un peu la folie qui est en chacun. Parce qu’au bout de 5 ans d’école, on avait une inscription scénique, qu’il fallait gommer pour pouvoir créer un spectacle comme celui-là.
Dimitri : Ce qui est bien c’est qu’on a vraiment construit un spectacle. On n’a pas pris les numéros de chacun pour les mettre bout à bout, pour un rendu décousu. On s’est tous mis au service d’un univers et on a foncé dans cette direction.

Avez-vous eu des difficultés à trouver l’équilibre entre le comique et le sérieux nécessaire à vos agrès ?
Dimitri : Pour pouvoir s’amuser avec quelque chose de dangereux, il faut que la technique soit irréprochable.
Lucas : Mais depuis la nuit des temps, le comique a toujours été lié à la notion de danger… Charlie Chaplin ou Jacky Chan ont toujours réalisé des cascades, même si maitrisées.
Dimitri : Mais drôles du coup !
Florian : En fin de compte, apporter ce côté comique au personnage ça nous donne un peu de légèreté. Contrairement à un spectacle 100% technique, ça nous permet de montrer à quel point on est à l’aise sur nos agrès. Et en même temps, on s’amuse.

Tout au long d’…Avec vue sur la piste, vous êtes tout le temps sur scène, ce n’est pas trop fatiguant ?
Catarina : C’est vrai que du coup c’est un spectacle physique, mais avant tout très travaillé : c’est rempli de petits détails… Au final, c’est très fatigant, mais on ne le sent qu’à la fin ! Pendant le spectacle, je tiens grâce à l’adrénaline. Et à la fin, on est épuisés !
Dimitri : C’était un choix du metteur en scène de mettre le cirque en avant, ne serait-ce que par rapport à l’année dernière. Que ce soit plus axé sur le collectif.
Florian : Et aussi de revenir à une énergie un peu music-hall, cabaret qui a un peu disparue.
Lucas : La musique live c’est une autre énergie quoi !
Florian : Oui, c’est une énergie croustillante.

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Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

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