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Vie de quartier : La Petite Halle

[Coulisses] le 06 janvier 2016

Depuis plus d’un an maintenant, la Bellevilloise a repris le restaurant qui se trouve dans la Grande halle. L’équipe web de La Villette est partie rencontrer Reza Ackbaraly, le programmateur de La Petite Halle pour qu’il nous raconte ses envies pour ce nouvel espace du parc.

Quel est votre parcours ?
Reza Ackbaraly : J’ai été programmateur pour la chaîne télé de musique Mezzo pendant 13 ans, et je programme aussi le festival Jazz à Vienne, sur la scène JazzMix. Mon projet pour La Petite Halle, c’est de faire venir des artistes qui viennent du jazz mais qui vont vers d’autres univers comme l’electro, le hip hop, la soul ou même la musique traditionnelle. Il faut rester ouvert : on peut avoir du Para One, du jazz tout comme du classique. Ce qu’on veut c’est sortir des salles standards !

Comment vous est venue l’envie de programmer à La Petite Halle ?
Reza : Il y a quelques années, j’ai monté une soirée Jazz Mix Step à La Bellevilloise. Le concept c’était de faire se rencontrer des musiciens et des danseurs, en suivant les règles du battle qu’on connaît, mais en mode un musicien vs un danseur. J’avais de super musiciens : Cheik Tidiane Seck, le saxophoniste David Murray, Mossim Hussain Kawa et des danseurs de partout ! Donc on s’est retrouvés avec un joueur de tablas face à un danseur de claquettes. C’était une soirée complètement dingue, parce qu’en plus j’ai réuni tout le monde sur le mode de l’improvisation !

Vous souhaitez donc organiser ce type de rencontres entre univers différents ?
Reza : On se rend assez vite compte que ce sont des milieux hermétiques. Or La Villette, c’est le complexe de salles de spectacle le plus riche et le plus dense imaginable. Le seul problème c’est qu'il n’y a pas d’endroit chaleureux pour finir la soirée quand on sort du concert. La Petite Halle c’est très beau et accueillant, avec une scène, et un bon son. Ce qu’on propose c’est de prolonger sa soirée, en restant dans l’univers de la programmation.

Quels ont été vos temps forts de programmation ?
Reza : En septembre dernier, on était en plein festival Jazz à la Villette, donc on en a profité pour faire venir les artistes en after-show. C’est comme ça que Melvin Van Peebles, 83 ans, s’est retrouvé vers 2h du matin, à déclamer des poèmes devant pas même 100 personnes.

On a aussi fait jouer Mos Def, Tony Allen et Robert Glasper. Je leur ai proposé la salle privée, pour pas être dérangés, au lieu de rester coincés en backstage. J’avais programmé un DJ, pour qu’ils se sentent pas obligés de jouer, et préparé quand même un backline au cas où… Il se trouve que je savais qu'ils n’avaient jamais réussi à jouer ensemble. Ma technique c’est que je suis allé voir Mos Def, que j’avais reçu sur Jazz à Vienne, pour lui dire que Tony Allen voulait jouer avec lui, et la même chose à Tony ! Donc ils se sont retrouvés avec Robert Glasper aux claviers ! C’est comme ça que tout a commencé. Et c’est là qu’on s’est dit que c’était pertinent.

Vous avez aussi un projet avec l’Orchestre de Paris ?
Reza : Ils sont en répétition les lundis mardis et en concert les mercredis et jeudis à la Philharmonie. Donc je suis allé voir les 120 musiciens, pour leur demander - même si je connais très bien la réponse - si certains jouent autre chose que du classique.

L’histoire c’est qu’ils n’ont pas l’habitude de jouer dans un bar : toute l’année, ils font les plus grandes salles du monde, de Bayreuth au Carnegie Hall, mais ils ont aussi envie d’un rapport au public un peu moins codé. Donc on a commencé à monter un répertoire pour une session mensuelle. Le mois dernier c’était la première, autour des musiques sud-américaines : ils ont adoré, c’était génial, ça les motive, ils bossent comme des fous !

Quel est votre objectif pour La Petite Halle ?
Reza : A terme, j’aimerais que tous ces univers se rencontrent à La Petite Halle, et La Villette c’est parfait car c’est la danse, la musique classique, la musique contemporaine, le jazz… C’est vraiment un lieu où la programmation est toujours de qualité, quel que soit le domaine.

J’aimerais aussi aller voir le Conservatoire parce que l’idée serait de voir l’Orchestre de Paris jouer avec un batteur de jazz, un saxophoniste et des danseurs de house. Par exemple, le soir du show de Mos Def, Mourad Merzouki qui était là, avec Christian Tamet, de la salle de résidence Châteauvallon : ils hallucinaient ! Donc il y a clairement un truc à faire !

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