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Nié Qui Tamola au Cabaret Sauvage

[Effervescence] le 19 juillet 2016

Vendredi dernier, le Cabaret Sauvage accueillait la première du spectacle Nié Qui Tamola (qui au Mali signifie « l’Oeil Voyageur »), en mémoire de Daniel Meynard. Intriguée, l’équipe web est allée se frotter à la Compagnie Trois Points de Suspension pour savoir de quoi il retournait. En un mot : hilarant !

Les portes s’ouvrent à 19h, tout commence par un apéritif dans le jardin du Cabaret Sauvage, ou une flânerie du côté du stand de t-shirts dans le hall d’accueil. Puis la compagnie interpelle ceux qui ont un « el dorado de bienveillance en eux », et des messieurs à moustache, tout de blanc vêtus, nous serrent chaleureusement la main. La fondation Daniel Meynard ressemble un peu à une secte, certes ils font un peu peur avec leurs chorés méga kitsch mais ils sont pas méchants : ils cherchent à créer des ponts entre les cultures.

La rétrospective Daniel Meynard démarre en musique, et le public se familiarise avec le personnage : pendant qu’un des moustachus au souffle aiguisé raconte la vie de l’égérie avec un super débit, nous sommes invités à déambuler dans une sorte d’exposition à ciel ouvert. Dans ce qu’ils appellent le dédale documentaire, on découvre des extraits de manuel scolaires datant de 1953 bourrés d’idioties, des quiz identitaires blindés de préjugés, et la pièce de maître : le projet arc-en-ciel. Dans le Jura, on a demandé aux autochtones s’ils étaient prêts à accueillir des Sénégalais chez eux, et à Dakar, on leur a demandé si ça les dérangeait que des Bretons viennent s’installer dans le quartier. Les réactions sont douloureuses parfois, savoureuses en général.

En sortant du labyrinthe, notre moustachu a embarqué deux désignés volontaires dans une partie à échelle humaine de Tiers Mondopoly, jeu auquel personne ne semble jamais pouvoir sortir gagnant. Entre absurdités et théories franchement judicieuses, on se régale.

La deuxième partie du spectacle va commencer : La Grande Saga de la Françafrique, un haletant one-man-show qui revient sur 58 ans d’histoire et de politique. Et en fait, on ne voit pas le temps - ni les présidents de la Ve République - passer. Cet autre moustachu part dans une fresque très réaliste et grinçante mais hilarante. Ce comédien, décidément fortiche en imitations (avec quelques superbes loupés) court d’un bout à l’autre du plateau pour rendre vivant les passations de pouvoir plus ou moins obscures à l’heure de la décolonisation. On en reconnaît quelques-uns, on se remémore des épisodes enterrés, si tout est choquant, rien n’est finalement surprenant… Et du coup, la pilule passe mieux avec leur humour incisif en mode comédie musicale avec entractes à la Monty Python !

Bref, on comprend mieux pourquoi les 26000 couverts – qui ont fait un carton début juin à la Grande halle – les recommandent chaleureusement : « Pas du 26000 couverts, mais des cousins très proches. (Très) drôle et caustique. » En tous cas, vendredi, la compagnie a mérité son standing ovation.

Et pour finir dans la joie et la bonne humeur, le DJ Yabon fait danser tout le monde. On vous laisse la playlist pour réviser votre coupé-décalé. Pour info, le bar sert à manger, à boire, accepte la carte bleue, pas besoin de passeport mais pensez à l’anti-moustique !

Ne le gardez pas pour vous

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