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Mondial du Tatouage : interview de Tin-Tin

[Tête-à-tête(s)] le 25 février 2016

Du 4 au 6 mars, La Villette accueille pour la troisième année consécutive le Mondial du Tatouage. L’équipe web est partie rue de Douai dans le 9e pour rencontrer l’instigateur de cette convention pour les amoureux du 10e art. En pleine séance, Tin-Tin a gentiment répondu à quelques questions.

Pourquoi avez-vous décidé de créer le Mondial du Tatouage en 1999 ?
Tin-Tin : Avant toute chose, j'avais envie de faire un bel événement parce que j’ai dédiée toute ma vie à cet art, pour le faire reconnaître. Donc ce Mondial c’était, autant pour rendre le tatouage populaire, et enterrer une certaine mauvaise image qu’il a pu avoir. Mais c’est aussi pour que la profession se retrouve, chaque année c’est l’occasion de faire la fête ensemble. Maintenant, le Mondial mêle néophytes et professionnels.

Voilà, c’est un peu l’Olympe. La Capitale mondiale du tatouage c’est très certainement Paris, puisque je suis le plus grand événement au monde.

Comment sélectionnez-vous les artistes tatoueurs ?
Tin-Tin : Cette année, on a eu plus de 1000 demandes pour environ 360 élus. Mais ce n’est pas le premier qui m’écrit qui aura un stand, il faut avoir le niveau. Après il y a des artistes qui sont très bons mais il y a un ordre de carrière à respecter. Certains sont parfois bien moins bons que de jeunes tatoueurs, mais Hanky Panky d’Amsterdam a été tatoueur toute sa vie, il a organisé des conventions, il a construit l’histoire du tatouage. Donc même si techniquement, Platini joue moins bien qu’Ibrahimovic, ça reste une légende ! Donc dans cette convention, il y a des jeunes loups, et des « old folks ».

Est-il possible de se faire tatouer au Mondial ?
Tin-Tin : J’essaie de pousser les tatoueurs à revenir à l’esprit d’une convention. C’est-à-dire de ne pas forcément être surbooké : il faut laisser une possibilité à la rencontre, parce que tu ne sais pas forcément qui tu vas avoir envie de tatouer. Moi c’est toujours comme ça que j’ai tatoué dans les conventions.

Mais avec l’avènement d’Internet, les choses ont vraiment changé, parce que tout le monde prenait des rendez-vous par mail. Aujourd’hui ça a tendance à se ré-inverser et il y a de plus en plus de tatoueurs qui bossent sans rendez-vous : « Flash only », et c’est bien ! Parce que l’idée ce n’est pas de fermer la porte à tous les visiteurs et que personne ne puisse se faire tatouer.

Comment s’organisent les concours de tatouage ?
Tin-Tin : Il y a une présélection de faite, parce que sinon le concours durerait toute la journée, avec des gens qui défilent pour montrer des tatouages atroces. On peut pas accepter tous ceux qui veulent monter à moitié à poil sur scène, il y en aurait trop ! Mais au final, c’est le tatouage qu’on juge, et pas le paquet ! (rires)

Selon vous, est-ce que le tatoueur a un rapport différent au corps ?
Tin-Tin : Il y a tellement de manières de se faire tatouer, comme d’être tatoueur. Certains tatouent vraiment à la chaine. D’autres se font tatouer n’importe comment, par n’importe qui. Parfois ils sont fiers de montrer leur tatouage à la télé alors que c’est horrible ! Je cacherai le bras du mec si je tatouais comme ça ! Mais il faut de tout pour faire un monde. C’est comme Maître Gims ! Ca me sidère, parce qu’il est nul mais s’il est là, c’est qu’il y a des gens qui achètent.

Justement, un petit mot sur les groupes programmés ?
Tin-Tin : Il y a deux ans on a eu Skip The Use il y a deux ans, et Dog Eat Dog… Cette année c’est un peu stoner, rock psychédélique. En rock’n’roll il y a Sticky Boys, et le seul groupe vraiment métal c’est Hangman’s Chair. Je laisse faire ma directrice, car elle s’en charge très bien. Je trouve que la programmation est meilleure que les années précédentes, avec Orange Goblin et Uncle Acid & the Deadbeats là, tout le monde est super content !

Comment avez-vous rencontré les parrains Gunther Love et Daphné Bürki ?
Tin-Tin : Gunther je le connais depuis quelques années parce qu’on a des amis en commun, et l’année dernière il a joué au mondial. Et Daphné, je ne la connaissais pas vraiment. Mais le lendemain des attentats elle a montré ses tatouages à la télé, pour déclarer son amour Paris, mais que ses tatouages n’étaient pas en réaction aux attentats. J’ai trouvé ça très joli, très touchant et un très gros signe pour la cause tout court, comme pour la cause du tatouage. J’ai trouvé sa démarche très authentique.

Ça n’a pas été très dur de la convaincre d’être ma marraine… Par conséquent Gunther est devenu parrain, parce qu’ils sont un peu indissociables, et qu’ils vont assez bien ensembles. Ils remplissent leur rôle à merveille. J’ai tatoué Gunther hier, et je vais tatouer Daphné la semaine prochaine… On s’amuse bien.

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Crédit photo : Thomas Krauss

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