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L’histoire du jardin du dragon

[Coulisses] [Jardins d'Eden] le 13 avril 2015

Mercredi 8 avril dernier avait lieu l’inauguration du jardin du dragon. Après quelques temps de rénovation pour remise aux normes, le toboggan revient sous une autre forme. Rencontre avec Pascal Eudier, qui travaille à la Direction de l’Exploitation et de l’Aménagement, pour discuter des différentes mues de ce dragon de La Villette.

Pourquoi le jardin du dragon est-il fermé depuis 2009 ?
Le vrai danger, c’est que le toboggan était ouvert, et les enfants tentaient de grimper dessus pour remonter. Heureusement, il n’y a pas eu de chute grave, mais le risque était trop important. Donc désormais, la langue du dragon est couverte, c’est un tube.

C’est donc le quatrième dragon de La Villette ?
Le premier dragon date des années 70, c’est François Ghys qui l’a réalisé à partir de matériel de récupération. Il avait fait un toboggan avec de gros tourets de câbles trouvés à la Cité des Sciences et de l’Industrie. C’était une œuvre d’art mais c’était un jeu aussi. Ensuite, le Dragon a été transféré de l’autre côté de la galerie.
En 1998, Ursula Kurz l’a remanié en gardant les éléments d’origine mais en enlevant ce qui était trop dangereux. Mais à un moment, ce n’était plus possible : il n’était plus en état, il a fallu le changer complètement. Donc on avait fait un concours entre plusieurs cabinets d’architectes et l’agence Pasodoble de Ursula Kurtz l’a remporté. On lui a demandé de de travailler esthétiquement autour de l’image du dragon, parce qu’il a une forte identité à La Villette.

Quelle est la particularité de ce nouveau dragon ?
Le dragon fait à peu près 80 mètres de long, et sa langue, qui sert de toboggan, en fait 24. Pour accéder au toboggan, c’est tout un parcours de jeux : il faut monter sur un filet pour pouvoir monter dans le corps et s’engouffrer pour descendre en glissant. En tout, il y a une vingtaine de groupes de jeux sur les 5000m² du jardin du dragon.

Désormais, le jardin du Dragon sera accessible aux personnes à mobilité réduite ?
Il y a quelques jeux qui sont accessibles en effet. La partie toboggan, c’est un peu difficile malheureusement. Mais déjà, il y a un accès en pente réduite, et dans les jeux, il y a notamment un tourniquet où on peut mettre jusqu’à quatre fauteuils roulants. Comme ça tu tournes avec les autres enfants.

Depuis combien de temps travaillez-vous sur le dragon ?
Ça fait 23 ans que je suis sur le parc de La Villette et j’ai passé 9 ans de ma vie sur ce projet. Tout a commencé quand on a fait des sondages et qu’on a réalisé qu’il y avait des fontis, des cavernes de calcaire qui se dissout. Donc il a fallu qu’on remblaie les trous, ce qui a pris un temps pas possible.
Les travaux ont commencé en septembre 2009, mais ça faisait un moment qu’il était fermé déjà, le temps de lancer la procédure d’appel d’offre. Le dragon n’était plus aux normes, et surtout, le bois commençait à être rongé avec le temps. Maintenant il est en métal peint.

Vous avez apparemment joué de malchance !
Il y a eu trois entreprises, dont une qui a déposé le bilan. A chaque fois, on a dû suspendre le marché, le temps d’en trouver une autre. C’est ce qui a pris le plus de temps. On aurait bien aimé faire l’inauguration l’an dernier, et c’était bien parti pour, puisque la réouverture était prévue pour juin 2014. Et puis l’entreprise nous a lâchés : malgré le dépôt de bilan, ils ont essayé de continuer, mais c’était plus le même personnel. C’était la cata quoi !

Qu’est-ce qui vous a motivés à finaliser ce projet ?
Quand les gens passent devant le chantier, ils sont contents de voir que les travaux avancent. Certains viennent nous raconter que quand ils étaient gamins, ils jouaient dans ce jardin, donc ils sont impatients de venir faire jouer leurs enfants.

Ne le gardez pas pour vous

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