En ce moment Mon compte

Interview de la Compagnie XY

[Tête-à-tête(s)] le 27 octobre 2015

Du 18 novembre au 27 décembre, la compagnie XY présente sa dernière création, Il n’est pas encore minuit… Lors de leur passage à la MAC de Créteil, l’équipe web de La Villette a rencontré deux acrobates du collectif : Ann-Katrin Jornot et Antoine Thirion. Interview.

Depuis votre dernier passage à La Villette, vous avez recruté des acrobates ?
Antoine : Pour Le Grand C, qu’on avait joué à La Villette, on était 17. Après ce projet collectif, on avait envie d’expérimenter autre chose tout en restant dans le grand nombre. Du coup on a eu l’idée d’enrichir le spectacle avec de la bascule et des planches. Et comme on voulait développer les portés acrobatiques, il nous était nécessaire d’être un peu plus nombreux.
Ann-Katrin : L’idée ce n’est pas d’argumenter pour trouver le porté, mais que le porté devienne un besoin vital. Après c’est proportionnel, plus il y aura de voltigeurs, plus on a besoin de bases. Ce qui nous amène au besoin physique d’aller dans les volumes en hauteur.

L’écriture de vos spectacles se fait à plusieurs. Comment ça se passe ?
Ann-Katrin : Ça part un peu de l’amusement et tout le monde essaie de contribuer à une idée jetée par quelques-uns. On va la développer physiquement et oralement, et donc la petite graine mûrit… et devient une scénette. L’avantage, c’est qu’ensuite les scènes travaillées appartiennent à tout le monde. Même si au départ c’est des impros, avec des thèmes donnés, chacun peut se l’approprier et l’enrichir.
Antoine : Notre spécialité c’est les portés acrobatiques, donc on part de notre langage et de notre pratique. Après on essaie d’intégrer de nouvelles pratiques comme les planches et le Lindy hop. A partir de ces éléments, en s’appuyant sur notre spécialité, on regarde ce qui apparaît. Avec ce grand nombre, on essaie de voir ce que ça donne. Parce que l’écriture part aussi du « faire-ensemble ».

Donc vous avez ajouté de nouveaux agrès pour Il n’est pas encore minuit… ?
Antoine : Oui, on a rencontré une compagnie qui utilisait ces planches, et ça nous a inspiré, donc on a décidé de les expérimenter. C’est à la fois un outil de propulsion et de réception. Mais aussi un outil de jeu pour évoluer sur l’espace.
Ann-Katrin : Les planches permettent de dominer le plateau et d’ouvrir les espaces.
Antoine : Ensuite, on les a combinées avec la bascule, qui a toujours fait partie de la compagnie. En fait la bascule et le porté, ce sont des disciplines un peu frères. C’est forcément lié parce que la bascule fait office de porteur, donc c’est un élément acrobatique qui n’est pas loin de notre univers.

Et d’où vous est venue l’idée de danser le Lindy hop ?
Ann-Katrin : Plusieurs personnes dans la compagnie se sont intéressées à cette danse, et ont commencé à prendre des cours. C’est toute une ambiance !
Antoine : C’est aussi qu’il y a un côté un peu sérieux des fois dans l’acrobatie. Et le Lindy hop reste acrobatique mais apporte aussi un côté festif. C’est une danse codée mais qui peut vite exploser. Ça nous intéressait de travailler sur le contraste avec ce monde de l’acrobatie qui est des fois assez figé : parce que même si c’est très dynamique, ça repose sur des postures. Avec le Lindy hop, les corps se courbent et dansent, ce qui nous amène ailleurs.
Ann-Katrin : Au début c’est la curiosité du contraste qui nous a intrigués et finalement on l’a complètement intégré au spectacle.

Et comment se vit un collectif de 22 personnes au quotidien ?
Ann-Katrin : Forcément, il y a beaucoup de compromis. Mais les idées rebondissent et se transforment en quelque chose auxquelles on n’aurait jamais pensé. Et c’est ça aussi qui est plaisant.
Antoine : La force de ce groupe c’est son hétérogénéité. Même s’il y a des choses qui nous raccordent, comme l’acrobatie bien entendu, nous avons plein de différences. Mais on s’entend, on s’écoute : c’est une discussion, parce qu’il s’agit de respecter l’avis des uns des autres, pour se réunir autour d’un choix à un moment. Et ensuite, il faut accepter le choix même si ce n’était pas le nôtre au départ. Il faut se dire que si c’est le choix du groupe, ça devient le mien.
Ann-Katrin : Et en même temps on garde notre personnalité.
Antoine : Des fois on ressent que les individus reprennent un peu plus le dessus dans le groupe. Et des fois, tout se resserre et d’un coup il y a un grand sens du collectif.

Pour réserver, cliquer ici !

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

Ne le gardez pas pour vous

Partagez cet événement sur les réseaux sociaux

Information

La représentation du jeudi 10 décembre à 19h30 sera audio décrite (contact Nicolas Wagner )

À découvrir