En ce moment Mon compte

Interview de Chloé Le Nôtre pour le festival Kalypso

[Tête-à-tête(s)] le 13 novembre 2014

A l’occasion du festival Kalypso du 17 au 21 novembre à la Villette, rencontre avec Chloé Le Nôtre, en charge du programme de résidences et d’accompagnement d’Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines (IADU) et de la programmation sur l’Escale Villette.

Quelle a été votre implication dans la programmation du festival Kalypso ?
Nous avions initié une première collaboration avec le Centre Chorégraphique National de Créteil pour la première édition du festival Kalypso, créé et programmé par Mourad Merzouki. Nous étions partenaires avec notre programme IADU, et avions proposé un « chantier en cours » et une conférence sur les écritures chorégraphiques en danse hip hop. Pour cette édition, nous avons voulu franchir une étape supplémentaire en nous inscrivant directement dans la programmation du festival. J’ai ainsi choisi de montrer les spectacles de jeunes auteurs que nous soutenons à la Villette via nos programmes de résidences, mais sous une autre forme : l’idée c’est de montrer enfin au public des œuvres finies.

Quelle est la particularité des Escales Villette ?
La programmation est vraiment axée sur des jeunes artistes qui sont connus pour leur parcours de danseurs dans l’underground hip hop. Pour la très grande majorité, ce sera un premier exercice chorégraphique au plateau, de techniques qu’ils maitrisent du coup très bien puisque qu’ils ont pu les développer en tant qu’interprètes.

Comment avez-vous rencontré et choisi ces artistes ?
La rencontre s’est souvent faite au travers d’œuvres collectives : Marion Motin faisait partie de La Preuve par 4, Philippe Almeida était dans Pro Phenomen. Et Ousmane Sy, qui propose un spectacle avec Paradox-Sal, est déjà passé à la Villette avec Wanted Posse ou Serial Stepperz. Ce sont des expériences qui les ont nourris, donc même si c’est une première expérience en tant qu’auteurs, pour le festival Kalypso, ils défendent leur univers chorégraphique.

Certains artistes sont des habitués de la Villette ?
Oui, dès 2009, nous avions accueilli Valentine Nagata-Ramos en résidence et co-produit son premier solo. Parce que quand nous nous engageons auprès d’un artiste, le programme IADU va le suivre sur la durée. Pour se rendre compte un peu de l’accompagnement que l’on propose, nous avions diffusé Racine Carrée, le premier solo d’Anne Nguyen en 2006. Et nous continuons de travailler avec elle, même si elle n’en est plus au stade d’artiste émergent, nous allons la diffuser voire la produire si on le peut.
En ce qui concerne, Ousmane Sy dit « Babson », c’est une longue histoire avec la Villette ! On avait effectivement pu le voir avec Wanted Posse, mais aussi en tant qu’auteur avec le groupe qu’il a formé, Paradox-Sal, que nous avions présenté lors du festival Hautes Tensions. Ce que nous aimons dans sa démarche ce sont ses prises de risque.
De toute façon, avec les rencontres de la Villette, ça fait très longtemps que nous tissons ces collaborations, comme avec Didier Firmin. Et ce sont des artistes que nous sommes heureux de voir maintenant arriver avec des premières pièces en leur nom.

Quels sont les styles qu’on pourra apprécier lors des Escales Villette ?
Le public pourra retrouver des styles qu’il connaît bien comme le b-boying ou le hip hop, mais d’autres aussi, encore peu exploités chorégraphiquement comme le top rock avec la création de Mathias Rassin ou l’électro avec le crew Electro Street. Il est vrai que l’évolution de la danse hip-hop est passée par la spécialisation dans des techniques, qui ont chacune une histoire différente. Mais je trouve que ce sont aussi des manières de chorégraphier différentes, afin de trouver des espaces de liberté dans le mouvement. Ainsi le hip hop de Philippe Almeida n’est pas le même que celui que développe Marion Motin, la house d’Ousmane Sy est différente dans son approche de celle de Didier Firmin. Pour moi, l’Escale Kalypso à la Villette, c’est surtout le regard de jeunes auteurs qui témoignent de la richesse de la création chorégraphique en hip hop aujourd’hui.

Ne le gardez pas pour vous

Partagez cet événement sur les réseaux sociaux

À découvrir