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Hautes Tensions : l’électron libre Lucho Smit

[Coulisses] [Tête-à-tête(s)] le 03 avril 2015

Du 8 au 11 avril, Lucho Smit vient présenter son spectacle Château Descartes à l’Espace chapiteaux pour le festival Hautes Tensions. Le fondateur de Galapiat Cirque a beau aimer envoyer bouler toutes les règles, il a tout de même accepté de se soumettre à l’exercice des questions-réponses.

Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour, je suis Lucho, 31 ans, artiste de cirque.

Pouvez-vous résumer votre parcours brièvement ?
Je suis né à Rotterdam. Après une scolarité ennuyeuse et exemplaire, j’ai fait la découverte du cirque contemporain français. J’ai ensuite suivi une formation à l’ENACR puis au CNAC de Chalons- en Champagne, et j’ai participé à la création collective de Galapiat Cirque : Risque Zéro.

Comment vous est venue l’idée de cette création ?
Vaste question : comment viennent les idées ? Je crois que je n’en sais rien, en tout cas je ne me suis jamais penché sur la question. Alors pour Château Descartes, ça a surement été une concordance d’évènements et de circonstances comme l’envie d’être en piste, mon goût pour la littérature, le besoin de gagner ma vie et d’avoir eu des amis assez fous pour tenter cette aventure ensemble.

Quelles sont les disciplines présentes dans ce spectacle ?
Acrobaties : au sol, sur corde volante, intellectuelles, équilibres sur les mains et sur objets, danse.

Si vous deviez trouver un objet pour symboliser ce spectacle, quel serait-il ?
Une table. Parce que à quoi bon toutes ces chaises sans avoir une table ? Le spectacle parle vraiment de l’histoire de l’humanité : de l’absurde enchainement d’évènements qui nous ont amenés là où nous sommes aujourd’hui sans jamais arriver au ‘but’ qui est de savoir le sens de la vie. Comme le disait Zarathoustra s’adressant au soleil : « Ô grand astre, quel serait ton bonheur si tu n’avais pas ceux que tu éclaires… ? »

Qu’est-ce qui vous inspire au quotidien ?
La politique européenne, la musique populaire des années 80, les ‘découvertes’ cosmologiques et quantiques, la littérature, Silvio Berlusconi ce phare de l’humanité, les jeux vidéo à caractère stratégique, et les exploits de l’ingénierie civile.

Avez-vous le goût du risque ? Comment, pourquoi ?
Non, je suis plutôt une poule mouillée. Je respecte les limitations de vitesse, je n’aime pas les sports dits extrêmes, la moto, ni même le camping sauvage. Je ne vole pas dans les magasins, je n’ai pas d’argent en bourse et je paie mes impôts. Le cirque c’est de l’esbroufe, c’est bien connu, mon métier c’est d’évaluer et de maitriser les risques au quotidien et non pas d’en prendre.

Quelle est votre source d’adrénaline personnelle ?
Tous les jours je passe devant le portail de mon voisin. Il a un gros chien méchant qui aboie le plus fort possible dès que je passe. Alors ce klebs est vraiment très con parce que ça fait des années que je passe, mais rien n’y fait. Je suis l’ennemi et je suis content que le portail soit fermé tous les jours.