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Groupe Acrobatique de Tanger : l’interview

[Tête-à-tête(s)] le 07 septembre 2016

Du 28 septembre au 16 octobre, La Villette accueille le Groupe Acrobatique de Tanger avec son quatrième spectacle, Halka. Interview de Sanae El Kamouni qui raconte les différentes étapes de travail de cette nouvelle création, et la première en écriture collective à 14 artistes et 3 conseillers artistiques !

Halka est la première création collective du Groupe Acrobatique de Tanger ?
Oui, c’est la première fois qu’ils écrivent leur spectacle : jusqu’à présent, ils n’étaient interprètes. Donc c’est une étape importante pour la compagnie. Nous sommes toujours dans cette démarche de faire le lien entre l’acrobatie marocaine et le cirque contemporain, mais après dix ans, les quatorze artistes (douze acrobates et 2 musiciens) ont eu envie de prendre leur destin en main et de prendre la parole sur scène en participant à l’écriture de leur spectacle.

En regard extérieur, nous avons passé commande auprès d’Abdeliazide Senhadji, qui a émis le souhait d’inviter d’Airelle Caen, avec lui dans la compagnie XY. Après quoi, nous avons eu envie de faire appel à Boutaïna El Fekka qui est une comédienne dramaturge franco-marocaine, pour avoir un regard théâtral. Ce trio artistique chapeaute cette création : ils ont en quelques sortes intégré notre équipe.

Que signifie le titre de cette création, Halka ?
Les artistes ont eu envie de revenir à une forme traditionnelle de spectacle qu’on trouve sur les places publiques au Maroc. Halka, ce sont des spectacles sous forme de cercle, peu importe la discipline : ça peut être un conteur, des acrobates, des musiciens, du théâtre. Les artistes ont eu vraiment envie de s’inspirer de cette énergie du cercle, pas forcément pour faire un spectacle circulaire, mais plutôt pour rejoindre une des grandes particularités de l’acrobatie marocaine, qui est le mouvement circulaire.

Cette idée est au cœur de Halka, parce que cette forme traditionnelle de spectacle est en voie de disparition au Maroc. Pour la compagnie, il s’agit de faire revivre une partie de leur patrimoine culturel. En plus, cette énergie est assez belle, parce qu’elle crée un autre rapport avec le public.

Cette création a pour but de faire un pont entre tradition et contemporain ?
Les artistes du Groupe Acrobatique de Tanger s’inspirent de ce qu’ils sont, ce qui leur appartient puisque c’est leur bagage de départ, mais ils sont dans une démarche contemporaine.

Cela dit, la musique traditionnelle reste présente avec le musicien berbère, Mhand Hamdan qui a intégré la compagnie sur le dernier spectacle, Azimut. L’acrobatie marocaine à l’origine vient de la culture berbère, donc on a eu envie de faire appel à cet aspect de la tradition. Sur scène, les instruments sont du coup assez atypiques, comme le rabab : il a composé un répertoire en liaison avec l’acrobatie marocaine et son origine, donc un répertoire très traditionnel.

Cette partie musicale est renforcée par une composition musicale de Xavier Collet, ce qui crée un équilibre entre une musique très contemporaine et une musique traditionnelle. Ça va être intéressant de voir comment ces deux musiques vont cohabiter, et comment elles font se renforcer l’une l’autre.

Comment se prépare la première de Halka à Tanger ?
Les artistes ont commencé en novembre dernier, avec des petites résidences puis des résidences plus importantes : ils ont déjà donné une présentation d’étape de travail et ça s’est très bien passé. Il y a de la belle matière et maintenant il faut faire des choix, et peaufiner. Après Tanger, nous partons à la Biennale de la Danse de Lyon, ce qui va nous permettre de rencontrer le public, et roder un peu le spectacle avant d’arriver à La Villette.

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