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Générale d’Over The Cloud du Cnac

[Coulisses] le 03 février 2015

Le mardi 27 janvier, l’équipe web a assisté à la répétition générale d’Over the cloud. L’occasion de découvrir pour la première fois ce spectacle de la 26e promotion du Centre National des Arts du Cirque mis en scène par Jérôme Thomas.

La piste est uniquement éclairée par des plots lumineux. Dans la pénombre, on distingue à peine les silhouettes des artistes. Malgré son titre aérien, Over the Cloud parle de la marche. Aussi Jérôme Thomas a-t-il voulu développer tous les types de marche : à commencer par la marche lente, très lente. Le temps que les yeux s’acclimatent, des figures commencent à se dessiner, une entrée en matière en douceur, afin que le public se délasse, oublie un temps le quotidien pour se plonger dans le spectacle.

C’est une réelle parenthèse que nous offre Over The Cloud. Sans suivre une trame définie, on voit des personnages se détacher de la foule, pour se refondre dans le groupe une fois l’élan évanoui. A aucun moment, les artistes ne quitteront la piste pour se réfugier en coulisse. Les costumes s’échangent, valdinguent, glissent, roulent pour dégager de la piste, mais tout le monde reste sur le pont. Tous ensembles : pour se soutenir, se porter physiquement, aider à installer le matériel, mais aussi en toile de fond, pour habiller le numéro, lui donner une profondeur.

Les mouvements se font parfois d’un seul homme, et parfois c’est l’effusion d’individualité qui prime, dans une chorégraphie désorganisée en apparence mais clairement chronométré. Le fait est que l’énergie est là et porte les artistes « au-dessus du nuage ». L’ambiance peu à peu se détend, les agrès commencent à s’imposer, les masques disparaissent, le maquillage déteint, et les oiseaux font place à des personnalités.

Dans ce bal, les roues Cyr s’imposent, sous toutes les formes possibles. Quant aux fils - qu’ils soient souple ou de fer - quadrillent la piste avec les tissus et les cordes, voire les tressent, pour que la géométrie vive anime cette piste éternellement circulaire. Au fil des enchaînements dynamiques, dansés, enlevés, ces artistes ont beau marcher, ils ne tournent pas en rond.

Mais surtout, ce qui ressort de ce spectacle très poétique, très surréaliste, c’est le jeu. Avant toute chose, les circassiens s’amusent : ils jouent à 1 2 3 soleil sur le fil ou à cache-cache dans le public, empruntent les agrès de leur collègue - à leurs risques et périls d’ailleurs !-, font les pitres, expérimentent des bruits… jusqu’à voir des intrus faire irruption sur scène.

Petit à petit toute cette marche, cette course, mène, une fois le point d’équilibre trouvé, les voltiges vertigineuses à un point d’orgue commun. Une belle métaphore !

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

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