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Foot Foraine : la Grande Galerie du Foot

[Coulisses] le 20 juin 2016

Pendant l’Euro 2016, La Villette se met au diapason et imagine Foot Foraine, un événement festif autour du ballon rond, avec notamment une exposition autour du football. Interview vidéo de Jean-Max Colard, le commissaire de La Grande Galerie du Foot, ouverte jusqu’au 10 juillet.

Pour reprendre, Foot Foraine, c’est des manèges vintage qui ont envahi la place de la Fontaine aux Lions, l’espace Chapiteau qui s’est transformé en Europakids, village de gonflables, la Petite Halle devenue Café des Sports, la Grande halle qui accueille l’exposition la Grande Galerie du Foot et l’installation vidéo-ludique Soccer Party Club, et puis aussi des ateliers pour enfants et des tournois conviviaux et décalés organisés sur nos prairies. L’équipe de Bonne Idée production est allé au tournoi de Brêles de l’association Tatane, et a rencontré Vikash Dhorasoo, qui nous raconte le concept.

Dans la vidéo, vous retrouvez aussi Jean-Max Colard, le commissaire d’exposition de la Grande Galerie du foot.

Quel est le concept de cette exposition ?
Le point de départ c’était de proposer, dans le cadre de Foot Foraine, une exposition à la fois divertissante et culturelle. Avec l’idée d’offrir aux habitués du parc comme aux amateurs de football une expérience de musée : avec plus de 70 œuvres, on a construit une galerie sur le modèle de celle du Louvre. Cette Grande Galerie du Foot permet de montrer comment, depuis le début du XXe siècle et encore beaucoup aujourd’hui, les artistes contemporain s’emparent du thème du Football.

A travers ce musée populaire du foot, ce musée un peu renversé, ce musée impopulaire, on retrouve toutes les tendances d’un certain art du XXe siècle et notamment du contemporain, c’est-à-dire peintures figuratives, art abstrait, art conceptuel, art minimal, installations, photographies, sculptures, assemblages, collages…

Je ne me suis pas calé sur une école ou un mouvement, c’était important pour moi qu’il y ait un peu tout et son contraire, avec des conceptuels et des figuratifs, des collages comme de la peinture à l’huile. Ça permet d’apercevoir une diversité des esthétiques, car aujourd’hui, le football est surtout vu à travers deux médias : la télévision et les jeux vidéo. Justement par cette variation des traitements, on peut proposer une autre manière de voir le foot.

« On traite de l’Histoire du football mais aussi de l’Histoire politique du monde. »

Il faut prendre conscience que le foot est devenu un phénomène extrêmement puissant. Tout le monde s’en sert : les politiques, les people, la haute finance, les chefs d’état, l’économie … C’est donc normal que les artistes s’en emparent. Cela fait que l’exposition offre un paysage avec deux facettes : avec d’un côté les œuvres qui connaissent les dimensions esthétiques du football, « The Beautiful Game » comme le nomme ce livre sur la photographie sportive des années 70.

Quand de l’autre côté, certains artistes s’en emparent de manière plus sarcastique, plus ironique : quand on parle de foot aujourd’hui, on parle autant de foot que d’argent et même les fans le reconnaissent. Le football est désormais un haut lieu du capitalisme donc c’était intéressant de montrer aussi la dimension plus critique, pour prendre une distance vis-à-vis de ce phénomène. Là on est dans une position peut-être plus culturelle, plus artistique, plus intellectuelle, pour ne pas être simplement dans la fascination du sport.

Une œuvre à voir en particulier ?
Comme on joue le jeu du musée un peu traditionnel, on a cherché des artistes qui reprennent les catégories des Beaux-Arts. Je pense à Fahd El Jaoudi qui a fait un triptyque sur la fameuse demi-finale France-Espagne de la coupe du monde en 82 à Séville, avec ce moment où Battiston est agressé par le gardien Schumacher. Et dans l’image de Battiston allongé par terre, l'artiste se souvient de l’image du Christ mort dans la tradition picturale. Il sait aussi que les 3 dents de Battiston qui ont été cassées, ont été récupérées et exposées en Allemagne comme une sorte de trophée de guerre ou comme les reliques des saints créant ainsi toute une mémoire culturelle. Ce qui donne un collage entre une culture populaire, des images de médias, des images de foot et une culture artistique.

Tous fous de foot ?
Ce qui est intéressant, c’est que nombre d’artistes exposés s’intéressent au phénomène sans forcément être fans de foot. Ils s’intéressent à la question sociale, car le football ne fait plus seulement partie de la culture populaire comme au début du XXe siècle, c’est devenu un véritable phénomène de masse. En revanche, je sais pour avoir joué avec lui, que Douglas Gordon, qui a réalisé le film sur Zidane, est un fan de foot.

Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

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