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Expo James Bond : interview de Laurent Perriot

[Tête-à-tête(s)] le 02 mai 2016

L’exposition James Bond 007, 50 ans de style Bond vient de s’installer sous la Grande halle jusqu’au 4 septembre ! A l’occasion du vernissage, l’équipe web de la Villette est allée rencontrer Laurent Perriot, spécialiste-expert James Bond, qui a accepté de répondre à nos questions.

L’exposition a-t-elle beaucoup évolué depuis sa création en 2012 ?
Après Londres, l’exposition a voyagé : à Rotterdam, Madrid puis en Asie, en Amérique du Sud, à Mexico et là elle revient en Europe et pour la première fois en France.

Cette exposition rassemble pas loin de 600 objets authentiques prêtés par les producteurs. Et comme il y a eu deux films depuis sa création, Skyfall et Spectre, certaines objets sont pour la première fois exposés : l’Aston Martin DB10, mais aussi des costumes…

Et comme James Bond a un lien particulier avec la France, on a des objets en plus : les lunettes de Max Zorin et le taxi de Dangereusement vôtre, et quelques-uns de Moonraker puisque le créateur des costumes Jacques Fonteray était français. Donc c’est à ce jour, la version la plus aboutie de l’exposition. Cocorico !

Quel est pour vous l’objet le plus impressionnant de la collection ?
Evidemment l’Aston Martin DB5 c’est symbolique parce qu’elle est autant associée à James Bond que peut l’être son Walther PPK, son vodka-martini et son smoking, parce que c’est le modèle qui a tourné dans le plus de films de James Bond. Mais il y a d’autres choses fabuleuses !

C’est extraordinaire de voir la valise originale de Bons baisers de Russie qui date de 1963. Et puis, le chapeau d'oddjob de Goldfinger, les dessins originaux de Ken Adam, le chef décorateur et directeur artistique extraordinaire. Il a fait beaucoup de films notamment avec Kubrick, et sa contribution à l’esthétique des James Bond est considérable, un peu comme John Barry qui a apporté la musique.

Cette collection référence le style Bond depuis 50 ans, c’est-à-dire ?
Cette exposition est intéressante parce qu’elle témoigne du temps qui passe à travers les costumes, l’évolution du costume des années 60 à nos jours… Quand on se balade dans l’exposition dans la salle du casino, on voit le smoking de Timothy Dalton en 89, qui a un petit côté Deux flics à Miami, c’est-à-dire moins près du corps. Donc ça permet de voir l’évolution du design.

Même à travers les storyboards, il y en a en noir et blanc ce sont de belles réalisations, mais pas très dynamique. Et quand on regarde des storyboard plus récents comme ceux de Golden Eye par Martin Asbury qui vient de la BD, alors là il y a de la couleur et du mouvement. De même pour les croquis de production, on voit comment la créativité évolue, notamment dans la façon de faire les gadgets et de les concevoir.

En quoi James Bond est-il une icône de la pop culture ?
James Bond est arrivé dans les années 60, et ça a été un coup de massue pour tout le monde. Les films d’espionnage à la fin des années 50 c’étaient des films noirs, sombres, pas très drôles… Puis Bond est arrivé, et là c’est une carte postale ouverte au monde. C’est des décors somptueux, avec des belles filles, le type est bien sapé, il conduit de belles voitures, il y a des gadgets, des méchants plus vrais que nature, ça a imposé un style.

Au milieu des années 60, James Bond est devenu un phénomène de pop culture au même titre que les Beatles, c’est devenu une marque. On a souvent voulu copier son personnage, l’imiter mais en tout cas on ne l’a jamais égalé. Evidemment James Bond a influencé beaucoup de séries télé : Mission Impossible, Des Agents très spéciaux… Il y a eu des tas de parodies, mais voilà : il n’y a qu’un James Bond !

James Bond a créé un nouveau style cinématographique, une nouvelle façon de faire du cinéma, dont beaucoup de cinéaste et de séries cinématographiques ont pu s’inspirer. Par exemple quand Steven Spielberg a créé Indiana Jones, c’était pas pour rien, c’est un hommage ! Il aurait adoré réalisé James Bond, et on ne va pas s’y tromper, qui joue le père d’Indiana Jones ? C’est Sean Connery !

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