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Critiques de Ubu and the Truth Commission

[Effervescence] le 15 octobre 2015

Du 24 novembre au 12 décembre, William Kentridge et la Handspring Puppet Company viennent présenter Ubu and the Truth Commission. Pour vous raconter ce spectacle sur l’Apartheid encore inédit à Paris, l’équipe web de La Villette vous fait un tour du monde des critiques !

Pour cette transposition de la pièce Ubu roi d’Alfred Jarry au lendemain de l’Apartheid, le metteur en scène, William Kentridge a choisi de mélanger théâtre, vidéos d’animations et marionnettes, pour un « effet émouvant mais souvent déconcertant » (Big Issue, Royaume-Uni). Pour The Star (Canada), Ubu and the Truth Commission est « un mix de Shakespeare, de Brecht, à la fois farce et documentaire ».

« Ce spectacle n’offre aucune conclusion réconfortante sur la nature humaine ou la politique […] Mais le résultat est une pièce de théâtre stimulante, qui audacieusement fait sauter les barrières des genres » affirme le Financial Times (Royaume-Uni)

Néanmoins, cette pièce est comique, surtout grâce au couple Ubu : « Père Ubu est l’anti-héros parfait, le diable toujours plus intéressant que les anges, cet homme responsable de torture et de meurtres, et pourtant tellement suffisant, cupide et infantile, qu’il est difficile de ne pas rire de lui » (The Skinny, Ecosse). Père Ubu est assisté d’une marionnette crocodile, Niles, et d’un cerbère nommé Brutus, « aux jeux de mots aiguisés, et une ironie sans pareille pour échafauder des tactiques afin d’échapper à toute responsabilité ». (Edingburg Spotlight, Ecosse)

L’intrigue repose sur la jalouse Mère Ubu qui cherche à savoir où son mari disparaît toutes les nuits… pour découvrir, soulagée, qu'il n’est pas en train de la tromper mais de commettre des crimes. Cette narration burlesque est rythmée par les vidéos d’animation, et les images de documentaire (The Guardian, Royaume-Uni). Les montages vidéo de William Kentridge servent à suggérer, quand la réalité est trop difficile à montrer. Comme la scène intense de la douche où Père Ubu cherche à se laver de sa culpabilité. (The Guardian) D’une certaine manière, c’est le comique qui permet de désamorcer l’intensité de l’émotion, afin de maintenir un équilibre. (Libération, France)

« Ce dispositif permet de créer une distance afin que la pièce ne sombre pas dans une pornographie de la violence. » (The Skinny)

D’après le quotidien Scotsman « cette pièce propose une réflexion sur la politique actuelle, et expose que la corruption reste toujours impunie et impénitent ». Libération tire une conclusion similaire : « Entre les marionnettes, les acteurs et les dessins à l'écran se joue une partition sur le mensonge et l'apparence, l'artificiel et le réel, le pouvoir et le vouloir. »

Le plus intense, ce ne sont pourtant pas les images documentaires, mais bel et bien les témoignages issus de cette Commission de la Vérité et de la Réconciliation mis en place par le gouvernement dès 1996. Ce sont les marionnettes de la Hanspring Puppet Company qui expriment en zulu, les atrocités de l’Apartheid : « ces marionnettes, loin d’être grotesques [comme le crocodile et le cerbère], sont désarmantes d’humanité, pleines de dignité, usées par le chagrin » (ABC, Australie). Libération confirme « A l'écran, les dessins n'arrêtent pas d'exploser et de se recomposer, tandis que les marionnettes semblent d'une infinie délicatesse. »

« Ces scènes, les plus perturbantes de la pièce, sont aussi les plus puissantes, et fournissent à elles-seules une raison suffisante pour venir voir le spectacle. » (Stage Door, Canada)

Crédit photo : Luke Younge

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Réservations

Ubu and the Truth Commission de William Kentridge et la Handspring Puppet Company du 24 novembre au 12 décembre. Réserver

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