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Cnac : le mât indien

[Coulisses] le 19 février 2016

Au Centre National des Arts du Cirque, les circassiens s’orientent au fil de leurs études vers une spécialité. Et certains d’entre eux, ne trouvant pas vraiment la discipline qui leur convient, vont jusqu’à concevoir leur propre agrès. C’est le cas de Lucas Struna, qui nous raconte son mât indien dans …Avec Vue sur la Piste.

D’où te vient cette idée de mât indien ?
Lucas : A la base, ce n’est pas une discipline de cirque mais martiale. En Inde, c’est une pratique ancestrale, cousine du Kalarippayatt. J’ai commencé à développer cette discipline quelques années avant le Cnac, quand j’étais à l’Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny.

Dans mon agrès, la seule chose qui diffère de la pratique indienne, c’est la base : en Inde, le mât est planté dans le sol. Grâce à ce socle, je peux bouger le mât, le soulever, le coucher au sol, ça amène plus de liberté.

Pourquoi tu as voulu créer ton propre agrès ?
Lucas : Je trouvais que ça ressemblait à rien, mais en même temps à pleins de choses. Ce mât a plein de connotations, et du coup on n’a pas l’impression que c’est un agrès… Du coup c’est à moi de créer les images : tout est à inventer.

Comment s’est déroulée la conception de cet agrès ?
Lucas : Pour le mat de forme cônique, on a d’abord essayé de le faire en métal, mais c’était galère… Je l’ai d’abord enroulé de tissu, et finalement on a trouvé un ébéniste qui l’a créé à l’aide une tourneuse.

En fait, le bois j’y tenais. Sauf que je me suis pas mal pris la tête pour trouver un revêtement qui agrippe suffisamment pour que je puisse monter dessus. Ça a été compliqué : j’ai essayé du Coca, du Sprite, et du sable pour ne pas glisser. Finalement j’ai utilisé de la résine normale, celle qu’on utilise au handball pour attraper les balles, et ça marche. Mais c’était un peu la NASA ou le laboratoire de Dexter, cette histoire.

NASA

Sur scène, tu te retrouves en slip orange, la couleur n’a apparemment pas été choisie par hasard ?
Lucas : Oui, c’est pour bien rappeler que cette discipline vient d’Inde. C’est un petit clin d’œil pour ceux qui ont déjà vu du mat indien traditionnel, parce que là-bas, ils pratiquent cet art martial en slip orange, marron et rouge en fonction du grade - comme les ceintures au judo. Donc on a voulu jouer avec ces codes : dans le spectacle, on a l’impression que la vie lui tombe sur la tête, comme s’il était la réincarnation d’un Indien.

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Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

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