En ce moment Mon compte

Cherkaoui : Noetic et Fractus V

[Effervescence] le 19 mai 2016

Du 1er au 9 juin, Sidi Larbi Cherkaoui revient à la Villette avec deux projets inédits à Paris ! Noetic, réalisé avec le Göteborgsoperans Danskompani, soit le corps de ballet de l’opéra de Göteborg et Fractus V, une création plus intimiste pour laquelle le chorégraphe s’entoure de quatre danseurs sur scène.

Noetic

Dans une interview vidéo, Sidi Larbi Cherkaoui raconte d’où lui est venu le nom de cette création : c’est l’astronaute Edgar Dean Mitchell qui a eu une révélation lors de son expérience dans l’espace. De cette toute nouvelle perspective sur le monde – entre la lune et le soleil – il a eu cette sensation de connaissance universelle, commune à tous. Il a donc fondé l’Institut of Noetic Sciences pour rechercher ces connections entre l’esprit et le corps. Le chorégraphe précise « Nos émotions produisent constamment nos mouvements et nos mouvements produisent nos émotions. »

Le Göteborgsoperan a aussi suivi Antony Gormley dans son processus de création de la mise en scène. Le sculpteur a cette fois-ci voulu travailler autour de l’idée de la courbe, mais à partir d’un matériau malléable, afin qu’une ligne puisse se transformer en balle, dans laquelle le danseur peut évoluer. « J’aime travailler avec Sidi Larbi Cherkaoui, pour sa manière d’interroger comment le corps et l’esprit se déplace dans le temps et l’espace. Et dans Noetic, j’aime l’idée qu’on crée une sculpture, sans connaître sa vraie forme. Car ses qualités peuvent changer d’une représentation à une autre. » La vidéo montre comment le scénographe a organisé un atelier avec les danseurs, pour les préparer à manipuler cette forme géométrique.

La musique est bien évidemment essentielle dans cette création, aussi Sidi Larbi Cherkaoui l’a confiée à son collaborateur Szymon Brzoska. Le chorégraphe précise : « Il fait de la musique cinématographique et il n’a pas peur des mélodies… et il n’a pas peur des émotions – tout comme moi ! » La musique a été composée pour l’orchestre de l’opéra de Göteborg, avec la participation de Miriam Andersén au chant, et du musicien japonais Shogo Yoshii.

Fractus V

Dans une interview donnée au festival Mercat de les Flors, Sidi Larbi Cherkaoui raconte comment est né Fractus V. En 2014, le chorégraphe avait préparé une version trio de cette création, avec deux musiciens. Par la suite, il a décidé de revenir à Barcelone pour développer cette session de création, mais avec deux autres danseurs. « J’aime ce nombre, il est très puissant, spirituel. Comme les cinq doigts de la main. »

Le projet a démarré avec avec Johnny Lloyd et Dimitri Jourde, puis le chorégraphe a intégré Patrick Williams Seebacher, danseur hip hop connu sous le nom de Twoface et Fabian Thomé Duten, danseur contemporain qui vient du flamenco. Cette pièce est accompagnée de musiciens live : le percussionniste japonais Shogo Yoshii, le Coréen Woojae Park qui chante et joue du geomungo, et le Britannique d’origine indienne Soumik Datta, virtuose du sarod. « On voulait voir comment on pouvait travailler ensemble, avec nos différentes nationalités et cultures. On a cherché un langage commun, sans pour autant nous perdre nous ou notre identité».

Cette création est inspirée de la pensée de Noam Chomsky. Car pour Sidi Larbi Cherkaoui, Fractus V « parle de la liberté d’expression mais aussi de la liberté de pensée. Il est important de garder les idées claires, libres de toutes influences. Il faut se méfier des manipulations de pensée… »

Crédit photo : Bengt Wanselius

Ne le gardez pas pour vous

Partagez cet événement sur les réseaux sociaux

À découvrir