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Avec vue sur la piste du Cnac

[Effervescence] le 20 janvier 2016

Comme chaque année, la programmation démarre fort avec le spectacle de promotion du Centre National des Arts du Cirque. Guidée par l’artiste-clown Alain Reynaud, la 27e promotion a créé « … Avec vue sur la piste ». L’équipe de La Villette est partie voir une des premières représentations à Châlons-en-Champagne.

Instantanément, la bonne humeur règne sous le chapiteau : l’accueil est très chaleureux, le public est reçu en musique et chocolats. Alors que les spectateurs s’installent, guidés par des ouvreurs et ouvreuses en livrées, des annonces sont faites dans toutes les langues, toutes les couleurs, tous les accents. Des saynètes comiques fleurissent de partout, tandis que le murmure continue en attendant le début du spectacle.

C’est la fanfare qui donne le coup de sifflet : tous les artistes-circassiens se mettent à leur poste pour ouvrir le bal des numéros. Tout au long d’ « …Avec vue sur la piste », c’est la musique qui mène la danse. L’ambiance sera marquée par cette convivialité : ce dialogue complice entre la musique et les acrobaties, et un jeu burlesque qui rappelle les univers de Wes Anderson ou Fellini.

Comme l’année dernière, les artistes sont presque tout le temps sur scène : s’ils n’évoluent pas dans leur spécialité, ils jouent d’un instrument ou chantent, ou encore jouent la comédie pour amuser la galerie et détourner l’attention pendant le montage du filet de sécurité. Car ce n’est pas parce que le spectacle est humoristique que la virtuosité n’est pas de mise, d’ailleurs la prise de risque est manifeste.

Les disciplines sont toutes vertigineuses ou presque : un duo féminin de mât chinois, un quatuor de filles au cadre aérien, deux duos mixtes de portés acrobatiques, et un quintet mixte à la bascule. Au milieu de cette cohésion de groupe ressortent deux numéros en solo : les sangles et le mât indien, qui en profitent pour s’entrelacer de manière onirique… Jusqu’à ce que la poésie soit équilibrée par un renversement des stéréotypes de genres !

Ainsi l’apollon se retrouve en situation ridicule, une minuscule voltigeuse débarque habillée en banquier et commence à manipuler son immense porteur en robe rouge carmin ! La conclusion ne sera pas politique mais bel et bien festive avec une fébrile bascule et une fanfare collective.

Dynamique, drôle et impressionnant, le spectacle donne l’impression de pouvoir s’envoler aux côtés des jeunes circassiens.

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Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage
Texte rédigé avec l’aimable collaboration de Mathieu Hedde

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